Reconnaissance structurelle avant installation d’un monte-personne PMR dans un bâtiment tertiaire à Lyon

Type de client : Professionnel – bâtiment tertiaire
Lieu : Lyon – boulevard Vivier-Merle
Date d’intervention : 24/07/2026
Équipe Ferdetec : Quentin Nomézine et Zewdie Michael
Mission : Caractériser les structures existantes entre les niveaux R+7 et R+8 avant l’installation d’un monte-personne PMR.

Problématique

Dans le cadre de l’installation d’un monte-personne PMR entre les niveaux R+7 et R+8, le projet nécessitait une connaissance précise des structures existantes.

L’environnement présentait plusieurs typologies constructives au sein d’une même zone : dalles alvéolaires précontraintes, dalle coulée en place, bac acier, poutre composite et poutre en béton armé. Avant toute modification, il était donc indispensable de comprendre comment ces différents éléments étaient constitués et comment ils s’articulaient entre eux.

Chez Ferdetec, notre objectif était de donner au bureau d’études et aux équipes travaux une base fiable pour la suite du projet :

  • déterminer la nature et l’épaisseur des planchers ;
  • identifier le sens porteur et l’organisation des armatures ;
  • caractériser les poutres métalliques et béton présentes dans la zone ;
  • vérifier la nature du béton ;
  • déterminer si certains éléments pouvaient être déposés sans conséquence structurelle.

Cette mission illustre parfaitement notre approche de la reconnaissance structurelle : comprendre l’existant avant de modifier l’ouvrage.

Analyse et stratégie d’intervention

La difficulté de ce projet venait principalement de la diversité des structures rencontrées dans une surface relativement restreinte.

Nous avons donc choisi une approche combinant plusieurs techniques afin de ne pas dépendre d’une seule méthode de diagnostic.

Notre intervention a intégré :

  • une auscultation au radar structure GP8800 Proceq ;
  • des relevés dimensionnels des éléments métalliques ;
  • une reconnaissance visuelle de la zone ;
  • un sondage destructif localisé pour confirmer la nature du plancher ;
  • des essais au scléromètre sur le béton ;
  • un rebouchage des zones ouvertes après intervention.

Cette complémentarité entre méthodes destructives et non destructives est essentielle lorsqu’on travaille sur un bâtiment existant. Le radar permet de lire ce qui se trouve dans le béton, tandis qu’une ouverture ponctuelle peut venir confirmer la réalité observée.

C’est également la logique que nous présentons dans notre article consacré aux sondages destructifs et non destructifs pour le diagnostic de structure.

Une adaptation nécessaire aux contraintes du bâtiment

La mission visait notamment à caractériser le plancher bas du R+7. Toutefois, afin de ne pas générer de poussière au niveau inférieur, les sondages destructifs ont été réalisés depuis le plancher haut du R+7, seul niveau accessible pour cette partie de la campagne.

La dalle alvéolaire observée s’étant révélée homogène sur l’ensemble de la zone auscultée, les résultats obtenus ont pu être considérés comme représentatifs de la typologie du plancher concerné.

C’est un bon exemple de notre manière de travailler sur site : adapter la méthodologie aux contraintes d’exploitation sans perdre la qualité de l’information recherchée.

Solution / méthodologie

Caractérisation du plancher en dalle alvéolaire

L’une des premières étapes a consisté à déterminer précisément la composition du plancher préfabriqué.

Les investigations ont permis d’identifier :

  • des panneaux préfabriqués de 1,20 m de largeur et 10,50 m de longueur ;
  • une dalle de compression rapportée de 10 cm ;
  • une épaisseur totale de plancher de 46 cm ;
  • un enrobage des armatures d’environ 4 cm.

L’organisation de la précontrainte a également pu être caractérisée.

Sur la largeur auscultée, les torons suivent une répartition :

1 – (3) – (2) – (3) – 1

avec un entraxe d’environ 30 cm entre torons.

Chaque toron observé comporte au moins 6 brins de diamètre 4 mm, pour un diamètre global d’environ 14 mm.

L’analyse radar a également permis de confirmer que les alvéoles sont orientées dans le sens porteur, tandis que le sens transversal correspond à une section pleine sans armature identifiée.

Cette donnée est particulièrement importante pour le projet : elle permet de comprendre dans quelle direction travaille réellement le plancher avant toute réservation ou modification.

Pour mieux comprendre le fonctionnement de ce type d’investigation, notre article sur le géoradar de structure dans le diagnostic béton détaille les informations que cette technologie peut fournir.

Analyse du bac acier

Une zone en bac acier a également été relevée.

L’élément présente :

  • une longueur d’environ 4,00 m ;
  • une largeur de 1,00 m ;
  • un appui simple sur une poutre composite d’un côté ;
  • une fixation latérale sur la dalle de l’autre côté.

L’analyse de son rôle dans la structure a permis de conclure que sa dépose n’entraîne pas d’incidence sur la stabilité locale ni sur la répartition des charges.

Cette information est directement exploitable pour le projet de monte-personne : elle permet d’identifier un élément pouvant être supprimé sans modifier le fonctionnement structurel de la zone.

Relevé de la poutre composite métallique

La zone comporte également une poutre composite d’environ 4,15 m de longueur.

Une poutre secondaire de 2,50 m vient s’y raccorder en oblique à environ 2,30 m de son origine. La liaison est assurée par un assemblage composé de :

  • 5 boulons de diamètre 18 mm ;
  • disposés dans des perçages d’environ 30 mm.

La poutre principale est constituée d’un profil en U orienté latéralement, formant une section proche d’un profil en C.

Ses dimensions relevées sont :

  • hauteur totale : 22 cm ;
  • semelle supérieure : 8 cm ;
  • semelle inférieure : 8 cm ;
  • épaisseur de l’âme et des semelles : 1 cm.

Les conditions exactes d’appui n’ont toutefois pas pu être identifiées car certaines parties de la poutre étaient dissimulées derrière des cloisons.

Chez Ferdetec, ce type de limite est systématiquement signalé : notre objectif est de distinguer clairement ce qui a été mesuré de ce qui reste inaccessible.

Caractérisation de la dalle coulée en place

Une autre partie du plancher est constituée d’une dalle béton coulée en place de 46 cm d’épaisseur.

Le radar a permis de caractériser son ferraillage selon les deux directions principales :

Sens Nord-Sud :

  • armatures espacées d’environ 15 cm ;
  • deux lits en nappe inférieure ;
  • un lit en nappe supérieure.

Sens Est-Ouest :

  • armatures espacées d’environ 20 cm ;
  • deux lits en nappe inférieure ;
  • un lit en nappe supérieure.

Cette lecture permet de disposer d’une représentation beaucoup plus précise du fonctionnement de la dalle, notamment pour préparer les futures adaptations liées à l’implantation du monte-personne.

Reconnaissance de la poutre de rive en béton armé

Nous avons également caractérisé une poutre béton située en rive.

Ses dimensions sont de :

  • 45 cm de largeur ;
  • 24 cm de retombée.

Son système d’appui a pu être reconstitué : une première portée de 2,60 m rejoint un poteau, puis la poutre se poursuit sur environ 4,70 m jusqu’à un second appui.

Son ferraillage longitudinal comprend 5 filants répartis sur deux lits :

  • 3 armatures en lit inférieur, espacées d’environ 14 cm ;
  • 2 armatures en second lit, espacées d’environ 10 cm.

Les cadres sont espacés d’environ 20 cm.

Les diamètres des armatures n’ont pas pu être déterminés au cours de cette intervention. Cette information doit donc rester hors des hypothèses de calcul tant qu’elle n’a pas été confirmée.

Contrôle de la qualité du béton

Deux séries d’essais au scléromètre ont également été réalisées conformément à la norme NF EN 12504-2.

Les valeurs moyennes estimées ont été de :

  • 66 MPa sur une première zone ;
  • 63,8 MPa sur une seconde zone.

Ces résultats indiquent un béton de bonne qualité et relativement homogène sur les zones contrôlées.

Il est toutefois important de rappeler une limite fondamentale de la méthode : le scléromètre mesure une dureté superficielle et fournit une estimation indicative. Il ne s’agit pas d’une mesure directe de résistance en compression.

À des niveaux élevés d’indice sclérométrique, l’incertitude augmente fortement. Les valeurs obtenues sur ce projet ne doivent donc pas être utilisées comme hypothèses de résistance pour un calcul de capacité portante.

Pour aller plus loin sur ce sujet, nous détaillons cette problématique sur notre page dédiée à la mesure de résistance du béton ainsi que dans notre article consacré à la norme NF EN 13791 et à la stratégie de calibration.

Résultats pour le client

Cette campagne d’investigation a permis au client de disposer d’une cartographie structurelle complète de la zone concernée par le futur monte-personne PMR.

Nous avons notamment pu identifier et caractériser :

  • la dalle alvéolaire précontrainte et son sens porteur ;
  • la disposition des torons de précontrainte ;
  • l’épaisseur et le ferraillage de la dalle coulée en place ;
  • la géométrie de la poutre composite métallique ;
  • la liaison boulonnée avec la poutre secondaire ;
  • la géométrie et le ferraillage de la poutre béton de rive ;
  • le rôle du bac acier ;
  • la qualité générale du béton sur les zones testées.

Ce que cela apporte concrètement au projet

Pour les équipes en charge de la conception et des travaux, ces résultats permettent désormais de travailler sur des données mesurées sur l’ouvrage réel.

La mission permet notamment :

  • de mieux positionner les futures interventions liées au monte-personne ;
  • d’identifier les éléments pouvant être déposés sans incidence structurelle ;
  • de connaître les zones de précontrainte à préserver ;
  • de disposer des sections et géométries nécessaires aux études complémentaires ;
  • de réduire les incertitudes avant modification du plancher et des structures existantes.

C’est précisément la valeur d’un diagnostic de structure avant rénovation ou modification d’un ouvrage : faire reposer les décisions techniques sur la structure réelle, et non uniquement sur des plans ou des hypothèses.

Le regard d’expert Ferdetec

Ce projet est particulièrement représentatif des interventions que nous réalisons dans les bâtiments existants.

Sur quelques mètres carrés, nous avons rencontré plusieurs systèmes constructifs différents : dalle alvéolaire précontrainte, béton coulé en place, poutres béton armé, structure métallique et bac acier.

Dans ce contexte, un simple scan isolé n’aurait pas suffi.

Notre travail a consisté à croiser les technologies, les relevés dimensionnels et les observations terrain pour reconstituer le fonctionnement global de la zone et fournir une information directement exploitable pour le projet.

C’est cette lecture globale qui fait la différence : chez Ferdetec, nous ne cherchons pas uniquement à savoir où se trouvent les aciers. Nous cherchons à comprendre comment l’ouvrage est construit, comment ses différents éléments travaillent ensemble et quelles contraintes doivent être prises en compte avant toute modification.

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